Les services de santé mentale forensique se sont développés de manière hétérogène à travers le monde, en réponse à des cadres législatifs, des ressources et des traditions cliniques très variables. Il n’existe à ce jour ni définition partagée de ce qui constitue un service de santé mentale forensique ni consensus sur les principes et les composantes d’une prise en charge de qualité. Cette absence de repères communs limite la capacité des organisations à planifier leurs services, à en évaluer la qualité et à se comparer entre elles.
Cette conférence présente les résultats d’un projet Delphi international mené de concert avec l’International Association of Forensic Mental Health Services (IAFMHS). Le projet poursuivait deux objectifs : établir une définition partagée des services de santé mentale forensique et dégager les principes directeurs et les composantes essentielles d’une prestation de services de qualité applicables à des juridictions diverses. Vingt-quatre expert·es internationaux — dont des personnes ayant une expérience vécue des services ainsi que des professionnel·les issus des milieux clinique, gestionnaire et universitaire — ont participé à un processus Delphi structuré en plusieurs rondes.
Les intervenant·es, gestionnaires et décideurs du réseau québécois de la santé mentale forensique disposent de peu de référentiels leur permettant de situer leurs pratiques dans un contexte plus large et d’orienter le développement de leurs services. Cette conférence permettra de nourrir la réflexion et la discussion, et d’outiller les participant·es pour amorcer un exercice de comparaison et d’amélioration au sein de leur propre organisation.
Au terme de cette conférence, les participant·es seront en mesure de :
- Décrire la méthode Delphi et expliquer en quoi elle permet de dégager un consensus d’expert·es dans un domaine où les données probantes comparatives sont rares.
- Nommer les principes directeurs et les composantes essentielles d’un service de santé mentale forensique de qualité, tels qu’établis par le consensus international, pour chacun des domaines du cadre (modèles de soins ; trajectoires et processus de services ; programmes et activités).
- Comparer l’organisation des services de leur propre milieu aux énoncés de consensus afin d’identifier au moins une cible concrète d’amélioration.
- Discuter des zones de débat qui subsistent — rôle du savoir expérientiel, intégration des savoirs culturels, tension entre les dimensions descriptive et aspirationnelle d’un référentiel — et de leurs implications pour la pratique et la gouvernance des services.
Marichelle Leclair, Ph. D., est professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l’Université du Québec en Outaouais et chercheuse régulière à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel. Son programme de recherche vise à prévenir les violences en santé mentale — qu’elles soient structurelles ou interpersonnelles, vécues ou commises — en travaillant avec les personnes judiciarisées, leurs proches, les intervenant·es et les communautés. Ce programme est financé par une bourse de Chercheuse-boursière Junior 1 des Fonds de recherche du Québec – Santé.
Une attestation de présence sera envoyée à tous les participant·es.
Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada
La présente activité « Le témoin expert et la rédaction de rapport médicolégal » est une activité de formation collective autoapprouvée (section 1), conformément au programme de Maintien du certificat du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.