Exceptionnellement un jeudi!
En décembre 2022, la Cour Suprême du Canada a déposé un jugement (R. c. Ndhlovu), remettant en question les fondements de la loi sur le registre national des délinquants sexuels. Des changements ont été apportés à la loi depuis, ciblant certaines personnes pour l’inscription automatique au registre national. Ces changements sont déjà l’objet de poursuites judiciaires, poursuites actuellement en cours. Parallèlement, et contre toute attente, de nouvelles mesures ont été mises en place permettant de rendre publiques les informations personnelles de certaines personnes considérées à risque de récidive sexuelle. Ce volte-face, 20 ans après la mise sur pied d’un registre national non public, évoque un glissement de l’appareil judiciaire vers une gestion du risque à l’américaine. Cette gestion du risque à l’américaine sera le point de mire de la présentation. Plus spécifiquement, les travaux de recherche réalisés au Québec concernant le risque de récidive sexuelle à long terme permettront de mettre en contexte ces nouvelles mesures. Les travaux de recherche concernant une cohorte de 553 personnes condamnées et incarcérées pour un crime sexuel seront présentés. Ces travaux de recherche portant sur cette cohorte, qui s’échelonnent maintenant sur une période de 30 ans, permettent de poser un regard inédit et inégalé sur le risque de récidive à long terme. Ceci inclut l’efficacité des outils actuariels à prédire le risque sexuel à long terme ainsi que sur le risque différentiel de récidive en vertu du type de délit sexuel commis. Cette présentation permettra de faire le point sur l’évaluation et la gestion du risque de récidive sexuelle et son évolution au Canada depuis 20 ans.
Au terme de cette conférence, les participant·es seront en mesure de :
- Reconnaître le nouveau contexte légal entourant les auteurs de crimes à caractère sexuel.
- Expliquer le phénomène de la récidive sexuelle à long terme.
- Mesurer l’utilité des outils actuariels pour établir les profils de risque de récidive sexuelle.
Patrick Lussier détient un doctorat en criminologie de l’Université de Montréal et a complété un stage postdoctoral sous la supervision du Dr David Farrington à l’Université de Cambridge en Angleterre. Il est professeur de titulaire de criminologie à l’Université Laval depuis 2012. Il a auparavant été professeur de criminologie à l’Université Simon Fraser pendant 9 ans. Il a également été professeur-invité à l’Université de Lausanne en Suisse, à l’Université de New South Wales en Australie, ainsi qu’au prestigieux centre de recherche de Netherlands Institute for the Study of Crime and Law (NSCR) au Pays-Bas. Patrick Lussier a plus de 20 ans d’expérience en recherche, principalement sur le thème de la délinquance sexuelle et des violences sexuelles. Il a plus de 200 publications à son actif dans des revues avec comité de pairs, telles que Criminology, Criminal Justice and Behavior et Journal of Interpersonal Violence. Il a également rédigé 7 livres et agit à 5 reprises comme éditeur-invité pour un numéro spécial dans une revue avec comité de pairs. Il est constamment cité parmi les chercheurs ayant le plus haut facteur d’impact en droit et criminologie au Canada ainsi que sur la scène internationale. Il a été témoin-expert dans plusieurs dossiers et litiges, incluant des causes reliées au Registre national de délinquants sexuels. Il est le rédacteur en dhef de la revue Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice/Revue canadienne de criminologie et de justice pénale depuis 2019.
Une attestation de présence sera envoyée à tous les participant·es.
Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada
La présente activité « Le témoin expert et la rédaction de rapport médicolégal » est une activité de formation collective autoapprouvée (section 1), conformément au programme de Maintien du certificat du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.
Barreau du Québec
Cette activité est conçue de manière à respecter les règles de la formation continue obligatoire. Chaque membre demeure toutefois responsable de choisir les activités qui répondent le mieux à ses besoins professionnels, conformément à son obligation de formation continue. Veuillez contacter le Barreau du Québec pour toute information supplémentaire au besoin.
Ordre des criminologues du Québec
Formation dont l’admissibilité a été confirmée par l’Ordre professionnel des criminologues du Québec aux fins de la formation continue obligatoire, pour une durée de 1 heure.