Comprendre le risque dans une société ne consiste pas seulement à mesurer les dangers de manière objective. C’est aussi un choix collectif : décider quel niveau d’incertitude nous sommes prêts à accepter et pour qui. Cette question devient particulièrement sensible lorsqu’elle concerne les personnes vivant avec des troubles mentaux graves, comme certaines psychoses ou des troubles bipolaires sévères.
La façon dont la société tolère le risque a évolué. Si certaines attitudes se sont améliorées, notamment concernant la dépression, les peurs associées à des troubles comme la schizophrénie restent très présentes. Accepter qu’il n’existe pas de risque zéro ne signifie pas accepter l’exclusion. Investir dans les soins, la prévention et une information plus juste est non seulement une question de solidarité, mais aussi un moyen efficace de réduire les problèmes que l’on cherche à éviter.
Image : Louis Valentine, Collection Les Impatients
Objectifs
Au terme de cette conférence, les participant·es seront en mesure de :
- Expliquer ce qui constitue le risque individuel dans le contexte des troubles mentaux graves et comment il est évalué.
- Analyser le rôle des facteurs systémiques — sociaux, institutionnels et culturels — dans la perception et la gestion du risque.
- Mettre en perspective les craintes du public en les comparant aux données probantes sur le risque réel et aux enjeux d’acceptabilité sociale.
Conférencière
- circonscrire les problèmes et les besoins spécifiques liés aux interactions des personnes atteintes de trouble mental avec le système judiciaire;
- caractériser leur utilisation des services;
- analyser les effets des mécanismes législatifs liés à l’accès, à l’organisation et à la prestation des services;
- documenter les obstacles et les facilitateurs de l’intégration communautaire post-criminalisation;
- et la prévention de la violence en santé mentale.