Le régime de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux (NRC) au Canada repose sur une logique de protection du public par le traitement, non par la punition. Bien qu’encadré strictement, il est critiqué pour ses défis de gestion clinique et ses aspects de perception sociale. Les réformes au cours des dernières années tendent à mettre l’accent sur l’aspect de sécurité parfois au détriment d’une offre de services qui répond aux besoins complexes et multiples des personnes et de leurs proches. La conférence présentera les caractéristiques psychosociocriminologiques des personnes déclarées NRC à travers le Canada à travers deux études pancanadiennes et ouvrira sur des enjeux systémiques liées à l’organisation des services.
Objectifs
Au terme de cette conférence, les participant·es seront en mesure de :
- Décrire le portrait pancanadien de la non-responsabilité criminelle (NRC).
- Comparer les différences et tendances provinciales de la NRC.
- Reconnaître les facteurs systémiques à considérer dans l’indentification du risque.
Conférencière
Anne Crocker, Ph. D., est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé mentale, justice et sécurité, professeure titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie et à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, directrice de la recherche et de l’enseignement universitaire à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel et professeure invitée à l’Université de Göteborg en Suède.
Titulaire d’un doctorat en psychologie de l’Université de Montréal et d’un diplôme postdoctoral en services de santé mentale de la Dartmouth Medical School, New Hampshire, elle siège à de nombreux comités consultatifs sur les politiques et les pratiques en matière de santé mentale forensique.
Le programme de recherche de la professeure Crocker vise à circonscrire les problèmes et les besoins spécifiques liés aux interactions des personnes atteintes de trouble mental avec le système judiciaire et leurs proches; caractériser leur utilisation des services; analyser les effets des mécanismes législatifs liés à l’accès, à l’organisation et à la prestation des services; documenter les obstacles et les facilitateurs de l’intégration communautaire postcriminalisation; et la prévention de la violence en santé mentale.
Depuis 2008, elle dirige projet national canadien sur la trajectoire des personnes déclarées non criminellement responsables en raison de troubles mentaux et l’Observatoire en Justice et santé mentale.