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Les professionnels de la santé, de la justice et de la sécurité sont régulièrement appelés à se prononcer sur le risque de violence qu’une personne peut présenter pour elle-même ou pour autrui. Ils doivent notamment se prononcer sur la mise en liberté ou la détention, orienter les traitements appropriés et déterminer la pertinence d’interventions. Ces décisions, lourdes de conséquences pour la personne concernée et pour la collectivité, doivent s’appuyer sur des évaluations rigoureuses et des méthodes fondées sur les données probantes, tout en respectant les cadres légaux et déontologiques applicables.

À partir des années 1960 et 1970, plusieurs chercheurs et chercheuses se sont intéressés aux moyens de rendre l’évaluation du risque de violence plus précise et plus rigoureuse. Des instruments structurés ont alors été conçus afin d’appuyer le travail des professionnels travaillant dans les milieux psychiatriques et les milieux correctionnels. L’évaluation du risque de violence chez ces deux clientèles est désormais menée à l’aide d’instruments d’évaluation structurée. Ces outils se sont multipliés au fil des décennies, délaissant les approches non structurées au profit de méthodes d’évaluation du risque plus structurées.

Les approches non structurées

 

Durant la première moitié du XXe siècle, l’évaluation du risque était menée de manière non structurée, c’est-à-dire sans méthode formelle ni instrument. Les professionnels s’appuyaient essentiellement sur l’expérience clinique et professionnelle pour estimer le risque de violence. Cette approche reposait largement sur la crédibilité conférée par la formation, les diplômes, l’expérience ou l’intuition du clinicien. Cette méthode, influencée par les impressions du professionnel, se caractérisait par une forte subjectivité. Les critères utilisés pour se prononcer sur le risque que représente une personne étaient laissés à la discrétion de l’évaluateur et demeuraient difficilement reproductibles. Les études menées ultérieurement ont révélé que les approches non structurées étaient problématiques, tant au niveau de leur fidélité que leur validité prédictive (Guy et coll., 2015). Elles ont révélé que ce type d’évaluation n’offrait que de faibles performances en termes de prédiction de la violence (Ægisdóttir et al., 2006; Bonta et al., 1998; Fazel et al., 2012; Grove et Meehl, 1996; Grove et al., 2000; Meehl, 1954; Viljoen et al., 2025).

Les approches structurées

 

Les instruments actuariels statiques  

 

Dans les années 1970 et 1980, les premiers instruments actuariels statiques sont apparus. Ces outils proposaient une évaluation structurée reposant sur des facteurs statiques, c’est-à-dire des facteurs qui ne peuvent être modifiés à la suite d’un programme ou d’un traitement. Parmi les items statiques les plus souvent retenus, on retrouve le nombre d’antécédents judiciaires, la précocité des premières infractions ou des premières condamnations, les différents problèmes d’adaptation et l’âge (Guay et al., 2022). Ces facteurs, codifiés à l’aide de grilles prédéfinies, permettaient d’obtenir une cote de risque. Bien que plus performants que le jugement clinique non structuré, ces instruments présentaient deux limites importantes, soit l’absence de fondements théoriques solides et l’impossibilité de guider directement les interventions, puisque les facteurs évalués demeuraient statiques.

 

Les instruments actuariels basés sur les facteurs dynamiques  

 

Depuis la fin des années 1970, les évaluations intègrent des facteurs dynamiques (besoins criminogènes) susceptibles d’être modifiés par l’intervention. Le modèle Risque-Besoins-Réceptivité (RBR) s’est imposé comme un cadre d’intervention qui montre l’efficacité d’ajuster l’intensité des services au niveau de risque des personnes, de cibler de manière prioritaire les domaines liés à la récidive (les besoins criminogènes) et de mobiliser les interventions de type cognitif-comportemental. Les recherches ont révélé que les interventions respectant les trois principes du modèle RBR permettent une réduction du risque de récidive (Andrews et Dowden, 2006; Andrews et al., 1990; Bonta et Andrews, 2007; Bonta et al., 2011; Dowden et Andrews, 2004; Luong et Wormith, 2011). Selon Bonta et Andrews (2007), une intervention qui respecte les trois principes du modèle peut permettre une réduction moyenne du taux de récidive de 17 % en milieu fermé et de 35 % en milieu ouvert. Le développement des connaissances sur les pratiques efficaces de réduction de la récidive et de la violence a conduit à l’élaboration de méthodes permettant une mesure plus rigoureuse des facteurs dynamiques, lesquels constituent désormais des cibles privilégiées d’intervention. Les développements récents insistent également sur la nécessité d’intégrer les facteurs de réceptivité spécifique, c’est-à-dire les caractéristiques personnelles influençant l’efficacité des interventions (motivation, style d’apprentissage, traits de personnalité, facteurs biopsychosociaux, forces et ressources individuelles, etc.).

 

Les guides de Jugement professionnel structuré  

 

Les instruments d’aide à la décision basés sur le JPS ont vu le jour dans les années 1990 et ont été conçus dans l’optique d’évaluer le risque, mais aussi d’en comprendre les manifestations. Ce type d’instrument a été principalement conçu pour l’évaluation du risque de violence chez les patients souffrant de troubles mentaux graves ou ayant reçu un statut d’exception, notamment un statut de délinquants dangereux. Contrairement aux outils actuariels, où la pondération des facteurs est prédéterminée, l’approche JPS requiert que le professionnel évalue et pondère chaque facteur de risque en fonction de la personne évaluée, afin d’en arriver à un jugement final sur le risque (Guay et al., 2022).

Les instruments contemporains les plus couramment utilisés  

 

Aujourd’hui, plus de 400 instruments structurés d’évaluation du risque de récidive et de violence existent pour différents contextes cliniques et correctionnels, tant auprès des adultes que des adolescents (Singh et al., 2014). Cette diversité, bien que riche, complexifie le choix des professionnels. Historiquement, les milieux correctionnels et pénitentiaires ont privilégié des méthodes actuarielles en raison de la courte durée de la supervision, de la quantité de personnes à superviser de même que la disponibilité du personnel. Les milieux psychiatriques ont quant à eux privilégié les méthodes JPS en raison de la disponibilité des professionnels, l’accès à différentes sources de données, la mission de santé et psychosociale ainsi que la durée des suivis. Les travaux sur l’efficacité des méthodes révèlent que les deux familles de méthodes, lorsque utilisés dans de bonnes conditions, offrent des performances relativement comparables Viljoen et al. (2025). Bien que l’évaluation structurée du risque et des besoins soit désormais une pratique courante chez les professionnels, ce n’est que très récemment que des instruments ont formellement intégré les facteurs de protection (par exemple SAPROF). Plusieurs outils, bien qu’ils ne soient pas conçus spécifiquement pour l’évaluation du risque, sont également utilisés en complément d’un instrument d’évaluation du risque de violence.

Les recherches suggèrent qu’une intervention qui respecte les trois principes du modèle permet une réduction moyenne du taux de récidive de 17 % en milieu fermé et de 35 % en milieu ouvert (Bonta et Andrews, 2007).

Types d'instrument d'évaluation

Afin de soutenir une utilisation éclairée, divers outils d’aide à la décision, tels que des arbres décisionnels, sont désormais proposés. L’arbre décisionnel ci-dessous illustre l’ensemble des instruments dont la formation est offerte par Forensia.  

 

 

Pour obtenir plus d’information sur les instruments cliquez sur les tiroirs ci-dessous.

 

START

Short-Term Assessment of Risk and Treatability   

 

 

Population cible

 

Adultes, masculins et féminins, présentant des troubles mentaux et issus des milieux de psychiatrie légale, correctionnels et communautaires (suivi en communauté). 

 

Objet

 

Évaluation à court terme du risque relatif à sept catégories de comportements problématiques (dont la violence) et de la « traitabilité ».

 

 

Descriptif et codage

 

Il sert à structurer l’évaluation de l’état de santé mentale, planifier les stratégies de gestion du risque et communiquer l’information sur le risque de manière précise et uniforme. Le START comporte 20 items dynamiques cotés à la fois comme forces (facteurs de protection) et vulnérabilités (facteurs de risque), et s’applique à sept domaines d’issue : violence envers autrui, acte autodestructeur, suicide, congé non autorisé, abus de substances, négligence de soi et victimisation.

 

Les 20 items sont :

1) habiletés sociales  11) soutien social 
2 relations avec les autres  12) ressources matérielles 
3) emploi  13) attitudes 
4) loisirs  14) observance de la médication 
5) autosoins  15) respect des règles 
6) état mental  16) conduite 
7) état émotionnel  17) introspection 
8) utilisation de substances  18) plans 
9) contrôle des impulsions  19) adaptation (coping) 
10) déclencheurs externes  20) traitabilité 

 

 

Pour consulter le site Web de la formation, cliquez ici.

Pour télécharger la fiche abrégée, cliquez ici.

HCR-20V3

ajijsoi

SAPROF

IAJOI

SAPROF-YV

IOJIJ

LS/CMI

OSJIOJS

Instruments complémentaires

Plusieurs outils, bien qu’ils ne soient pas conçus spécifiquement pour l’évaluation du risque, sont également utilisés en complément d’un instrument d’évaluation du risque de violence.

 

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Ajouter 1 ou 2 courts paragraphes décrivant les types d’instruments complémentaires. 

  • Instruments liées à la trajectoire de soin, ex Dundrum
  • lié au troubles, ex. PCL-R

Pour obtenir plus d’information sur les instruments cliquez sur les tiroirs ci-dessous.

 

 

DUNDRUM

Dangerousness Understanding, Recovery and Urgency Manual

 

 

Population cible

 

Adultes, masculins et féminins, présentant des troubles mentaux et issus du milieu psychiatrique, médico-légal ou carcéral.

 

Objet

 

Évaluation du niveau de sécurité et du niveau d’urgence, de la progression du plan d’intervention et de l’évolution dans le processus de rétablissement des patients présentant des troubles mentaux graves et/ou des comportements dangereux.

 

 

Descriptif et codage

 

Le DUNDRUM est un outil composé de quatre échelles:

  1. DUNDRUM-1 Sécurité du triage : évaluation de la dangerosité du patient ainsi que du niveau de risque.
  2. DUNDRUM-2 Urgence du triage : évaluation de la nécessité de soins spécialisés en santé mentale et du niveau de sécurité requis pour le patient, notamment le type de service le plus approprié pour son traitement.
  3. DUNDRUM-3 Progression dans les programmes : évaluation de la pertinence et de l’adéquation des soins en santé mentale pour les patients qui ont été admis dans un service de soins intensifs de courte durée.
  4. DUNDRUM-4 Rétablissement : évaluation du rétablissement du patient et, par conséquent, s’il est prêt à être transféré dans un environnement thérapeutique moins sécurisé.

L’ensemble des items du DUNDRUM est noté selon une échelle nominale à cinq points, allant de 0 à 4.

 

Plus une personne cumule de points, plus ses besoins sont importants.

 

 

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PCL-R

isfjaoj

Pour en savoir plus…

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Références bibliographiques

 

Ægisdóttir, S., White, M. J., Spengler, P. M., Maugherman, A. S., Anderson, L. A., Cook, R. S., Nichols, C. N., Lampropoulos, G. K., Walker, B. S., Cohen, G. et Rush, J. D. (2006). The meta-analysis of clinical judgment project: Fifty-six years of accumulated research on clinical versus statistical prediction. The Counseling Psychologist, 34(3), 341-382. https://doi.org/10.1177/0011000005285875

 

Andrews, D. A. et Dowden, C. (2006). Risk principle of case classification in correctional treatment: A meta-analytic investigation. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 50(1), 88-100. https://doi.org/10.1177/0306624X05282556

 

Andrews, D. A., Bonta, J. et Hoge, R. D. (1990). Classification for effective rehabilitation: Rediscovering psychology. Criminal Justice and Behavior, 17(1), 19-52. https://doi.org/10.1177/0093854890017001004

 

Bonta, J. et Andrews, D. A. (2007). Risk-Need-Responsivity model for offender assessment and rehabilitation. Public Safety Canada. https://www.publicsafety.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/rsk-nd-rspnsvty/index-en.aspx

 

Bonta, J., Law, M. et Hanson, K. (1998). The prediction of criminal and violent recidivism among mentally disordered offenders: A meta-analysis. Psychological Bulletin, 123(2), 123-142. https://doi.org/10.1037/0033-2909.123.2.123

 

Bonta, J., Bourgon, G., Rugge, T., Scott, T.-L., Yessine, A. K., Gutierrez, L. et Li, J. (2010). The strategic training initiative in community supervision: Risk-need-responsivity in the real world. Public Safety Canada. https://www.publicsafety.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/2010-01-rnr/2010-01-rnr-eng.pdf

 

Dowden, C. et Andrews, D. A. (2004). The importance of staff practice in delivering effective correctional treatment: A meta-analytic review of core correctional practice. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 48(2), 203-214. https://doi.org/10.1177/0306624×03257765

 

Fazel, S., Singh J. P., Doll, H. et Grann, M. (2012). Use of risk assessment instruments to predict violence and antisocial behaviour in 73 samples involving 24 827 people: Systematic review and meta-analysis. British Medical Journal, 345, Article e4692. https://doi.org/10.1136/bmj.e4692

 

Guay, J.-P., Da Silva Guerreiro, J. et Crocker, A.-G. (2022). Les méthodes et enjeux relatifs à l’évaluation du risque de la violence hétérodirigée. Santé mentale au Québec, 47(1), 63-85. https://doi.org/10.7202/1094145ar.

 

Grove, W. M. et Meehl, P. E. (1996). Comparative efficiency of informal (subjective, impressionistic) and formal (mechanical, algorithmic) prediction procedures: The clinical–statistical controversy. Psychology, Public Policy, and Law, 2(2), 293-323. https://doi.org/10.1037/1076-8971.2.2.293

 

Grove, W. M., Zald, D. H., Lebow, B. S., Snitz, B. E. et Nelson, C. (2000). Clinical versus mechanical prediction: A meta-analysis. Psychological Assessment, 12(1), 19-30. https://doi.org/10.1037/1040-3590.12.1.19

 

Guy, L. S., Douglas, K. S. et Hart, S. D. (2015). Risk assessment and communication. In B. L. Cutler et P. A. Zapf (Eds.), APA handbooks in APA handbook of forensic psychology, Vol. 1. Individual and situational influences in criminal and civil contexts (pp. 35-86). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/14461-003

 

Luong, D. et Wormith, J. S. (2011). Applying risk/need assessment to probation practice and its impact on the recidivism of young offenders. Criminal Justice and Behavior, 38(12), 1177-1199. https://doi.org/10.1177/0093854811421596

 

Meehl, P. E. (1954). Clinical versus statistical prediction: A theoretical analysis and a review of the evidence. University of Minnesota Press. https://doi.org/10.1037/11281-000

 

Singh, J. P., Desmarais, S. L., Hurducas, C., Arbach-Lucioni, K., Condemarin, C., Dean, K., Doyle, M., Folino, J. O., Godoy-Cervera, V., Grann, M., Ho, R. M. Y., Large, M. M., Nielsen, L. H., Pham, T. H., Rebocho, M. F., Reeves, K. A., Rettenberger, M., de Ruiter, C., Seewald, K. et Otto, R. K. (2014). International perspectives on the practical application of violence risk assessment: A global survey of 44 countries. The International Journal of Forensic Mental Health, 13(3), 193–206. https://doi.org/10.1080/14999013.2014.922141

 

Viljoen, J. L., Goossens, I., Monjazeb, S., Cochrane, D. M., Vargen, L. M., Jonnson, M. R., Li, S. M. Y., Jackson, J. R., et Blanchard, A. J. E. (2025). Are risk assessment tools more accurate than unstructured judgments in predicting violent, any, and sexual offending? Behavioral Sciences et the Law, 43(1), 75-113. https://doi.org/10.1002/bsl.2698